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mercredi 9 mai 2018

Une Maison Internationale des Arts Martiaux, ça vous dit ?

La démocratie participative s'est invitée dans des réunions de quartiers, voulez vous des bancs, des graines pour planter au pied des arbres, un parcours de santé ? Cela n'est pas pour nous déplaire quand on demande l'avis des habitants sur des aménagements dans leurs quartiers.

Mais pourquoi ne vous demande-t-on pas quels choix vous feriez concernant les gros investissements de la commune : une maison internationale des arts martiaux à 9 M€ ou un groupe scolaire à 4 M€ et des trottoirs accessibles à tous pour 2 M€ ?
Le chantier de la MIAM ... en zone naturelle !

Ce projet de Maison du Judo nous a interrogé dès le départ. Nous n'étions pas défavorables au remplacement du bâtiment abritant les dojos utilisés par le club de judo de St-Orens, bien qu'aucune étude n'ait été menée sur une possible rénovation, notamment en terme énergétique. Ce club a environ 150 pratiquants avec des effectifs stables et la commune ayant toujours soutenu les pratique sportives, il était normal, qu'après les gros investissements réalisés pour les clubs de foot et de rugby, il puisse bénéficier de l'aide à l'investissement de la commune.

Mais de la dimension locale on est passé à un projet d'ampleur régionale, puis nationale et internationale, sans que nous ayons pu élucider les raisons de ce changement d'échelle ! Cela aurait pu avoir du sens d'analyser les besoins des communes de l'est toulousain (on mutualise des équipements avec le Sicoval, en répartissant les coûts entre les communes utilisatrices) et d'aboutir à un projet commun financé au prorata de la population. On établit une convention avec les différents partenaires pour définir le montant des investissements de chacun et des frais de fonctionnement à venir.

La commune s'est substituée de fait à des collectivités qui aurait du piloter et financer ce type d'équipement, dont les coûts se sont envolés : au lieu de moins de 2 millions d'€, pour financer un équipement adapté aux besoins locaux, on en est à plus de 9 millions d'€. Et même si des subventions ont été obtenues de la Métropole, du Conseil Département, du Conseil départemental, de l'Etat, le reste à charge pour la commune avec la MIAM est bien supérieur à ce qu'il aurait été si la folie des grandeurs ne l'avait pas emporté. Les coûts de fonctionnement n'étant nullement mutualisés, ils seront à la charge de la commune.







mercredi 7 mars 2018

La lettre des Ecolos de Saint-Orens - mars 2018

De même qu'il est difficile de s'exprimer avec 430 caractères dans la tribune libre du journal municipal, une fois tous les deux mois, il l'est tout autant quand nous voulons présenter nos idées quant à la politique municipale sur une feuille A4 recto verso ! Ce blog permet donc de développer et mieux expliquer et nous vous remercions de votre visite.

La vie des quartiers
Saint-Orens est née à la Révolution de la fusion de trois paroisses constituées de petits hameaux. L'urbanisation, à partir des années 60, s'est développée tout d'abord sur le quartier Catala, dont les habitants se sont sentis longtemps coupés du reste de la commune, puis l'étalement pavillonnaire a gagné sur les terres agricoles de par et d'autre de la route de Revel, sans réelle vision d’aménagement d'ensemble.
Des petits centres commerciaux ont été créés proposant des commerces de proximité aux habitants des quartiers, les hypermarchés de St-Orens et Labège les concurrençant avec une offre plus large.
Les équipements sportifs (terrains, salles de sports) ne sont pas tous concentrés en un seul lieu, pas plus que les collèges et lycée.
Les équipements scolaires des 3 écoles sont bien répartis, à l'exception de l'Est de la commune où le projet de 4e groupe scolaire a été mis en stand-by par la majorité municipale actuelle. Nous sommes critiques sur ce report de construction, car les programmes de logement dans ce secteur y amènent de nouveaux habitants.
La construction de ce 4e groupe ferait d'ailleurs que tous les enfants scolarisés sur la commune seraient à moins d'un kilomètre à pied d'une école ; alors qu'aujourd'hui on doit transporter des enfants en bus de l'Orée du bois à l'école de Catala ! C'est pourquoi nous défendons la mise en place de pédibus (de bus à pattes), permettant d'aller en groupe à pied à l'école et d'éviter les bouchons de voitures à l'heure de la rentrée ou de la sortie des classes.

S'il est un sujet à la mode, c'est bien la redynamisation des cœurs de ville, dont les commerces s'étiolent, concurrencés par les centres commerciaux périphériques qui continuent à s'étendre. Encore faut-il que cela ait un sens : St-Orens ressemble plus à une ville rue qu'à ces villes, anciennes bastides, avec leur place centrale, où se retrouvent les commerces. Il fallait certes remplacer ou réhabiliter des bâtiments vétustes et énergivores, comme le Club des Aînés ou la salle du Lauragais., et sécuriser les approches des écoles et de la crèche. Mais s'il y a eu concertation, les choix qui ont été faits ne correspondent pas aux attentes des habitants qui ont participé aux ateliers : la multiplication des parkings s'oppose à la demande d'une zone calme, dédiées aux piétons, parents et enfants.
L'aménagement de la salle du Lauragais, en halle non chauffée (au moins on fera des économies d'énergie !) avec des "commerces de bouche" interroge sur la viabilité économique de ce type de commerce, en dehors des périodes de marché, au vu des difficultés des commerces situés près de la halle de Castanet.

Activités périscolaires
Depuis trente ans, l'Amicale Laïque propose des activités périscolaires sur la commune, pour un coût modique pour les familles, la plus grosse part du financement étant assuré par la CAF et la commune. Ces activités tout d'abord limitées aux élèves du primaire ont été étendues aux maternelles. La particularité de cette association était d'être gérée par un conseil d'administration composés de représentants de parents, d'enseignants et d'élus. Les enquêtes menées aussi bien par l'association que la nouvelle municipalité montrent un haut niveau de satisfaction des parents.
La relation entre l'association et la municipalité était régie par une convention triannuelle
L'argument qui nous avait été donné en conseil municipal, par Mme le Maire pour mettre en place une délégation de service public concernant les activités scolaires était que c'était l'Europe qui nous obligeait à cette mise en concurrence.
Faux.
La notion de service public est reconnue au niveau européen et un certains nombres de "paquets" juridiques, qui ont été complétés au fil du temps, la régissent. On parle de services d'intérêt économique général.
Il est tout a fait possible de maintenir une convention entre une municipalité et des associations s'occupant de crèches ou d'activités périscolaires. Ce qu'impose l'Europe, et cela paraît une règle de bons sens, c'est de s'assurer du bon usage des fonds publics versés à l'association.
Plusieurs collectivités utilisent ce dispositif dans le Nord ou dans la région de Bordeaux.

Ce que cherchait en fait l'équipe de la majorité, c'était d'avoir la main sur le fonctionnement de l'Amicale Laïque, en devenant le donneur d'ordre, au lieu de travailler à l'intérêt commun au sein d'un conseil d'administration, rassemblant élus, parents et enseignants. De fait l'Amicale Laïque a dur revoir ses statuts pour répondre à l'appel d'offre, le CA ne comprend plus d'élus en son sein.

Heureusement, l'Amicale Laïque, grâce à une forte implication des parents bénévoles et des salariés et à sa très bonne connaissance du terrain, a pu satisfaire au cahier des charges imposé par la commune et remporter l'appel d'offre. Notons également que les pénalités financières inscrites dans le cahier des charges initial (en cas d'absence d'animateurs) ont pu être revues à la baisse, car elles risquaient de mettre en péril la santé financière de l'association.

Cette démarche de mise en concurrence aurait pu être évitée facilement, d'autant qu'elle a eu un coût, de par l'appel à un cabinet spécialisé pour établir le cahier des charges et évaluer les offres, et un coût supporté par les organismes qui ont répondu.

Gestion des déchets
Il est toujours intéressant de comparer les politiques des collectivités qui nous entourent. Dans le domaine de la gestion des déchets, allons voir les pratiques du Sicoval, qui nous est proche. Cette communauté de communes après avoir mis en place la redevance, où on payait la collecte et le traitement des déchets, en fonction du volume du bac, est passé à la redevance incitative, où ce n'est plus le volume qui est pris en compte dans la tarification, mais le poids des déchets non recyclables (ceux de la poubelle grise). Ceux qui trient bien et produisent peu de déchets paient moins. On est donc dans un processus vertueux, alors qu'à St-Orens, comme dans toute la Métropole, la Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) est uniquement fonction de la valeur locative de votre maison ou de votre appartement ! Que vous produisiez peu ou beaucoup de déchets, aucune importance, vous paierez le même prix, si vous avez la même valeur locative.

Le Sicoval a aussi réduit la fréquence des collectes, une fois par semaine au lieu de deux (cela se justifie car, par exemple à Castanet et Ramonville, les habitants sortent leurs poubelles 22 fois par an pour 104 passages des camions poubelles), ce qui réduit aussi le coût de la redevance.

En bilan, l'habitant du Sicoval produit moins de déchets à incinérer et plus de matériaux recyclables, tout en payant moins cher ! A Toulouse Métropole, rien n'a changé depuis que la métropole a repris la compétence des déchets ! Il serait temps que ça change !

Pour en savoir plus : la redevance incitative en questions









samedi 3 mars 2018

La mairie fait payer au prix fort un terrain à un organisme HLM



Revenons un instant en arrière, en 2006, date de la création de l'Etablissement Public Foncier Public (EPFL) du Grand Toulouse.
Cet établissement avait pour bût de lutter contre la spéculation foncière en créant des réserves foncières destinées à l'implantation des entreprises, à la construction de logements. Pour cela, afin de "peser" sur le marché, il a le  pouvoir de lever des fonds importants pour des achats de terrains, grâce à une taxe spéciale d'équipement (40€ par an et par habitant, versé par les entreprises et les personnes assujetties à la taxe foncière.
Précisons que le président de l'EPFL est Mme Dominique Faure, maire St-Orens.

Mais si on étudie les évolutions du prix du foncier dans les métropoles, on constate qu'il évolue bien plus à la hausse que sur le reste du territoire ! On peut donc s'interroger sur l’efficacité de ce type d'organisme pour lutter contre l'emballement du prix des terrains. La Cour des Comptes ferait bien de s'y intéresser !

Interrogée à ce propos lors du dernier conseil municipal, Mme D. Faure l'explique par le fait que, bien que l'EPFL dispose de deux négociatrices, les prix de vente sont le plus souvent négociés par les maires.
Mais revenons à St-Orens, où en janvier 2014, un terrain de près de 10 000 m2 est acheté par l'EPFL, qui fait du portage foncier pour le compte de la commune de St-Orens, au prix de 1 360 000 € ht.
Quatre ans plus tard, la commune récupère ce terrain et le revend à la société HLM Promologis, pour y réaliser 82 logements, dont 70% de logement sociaux, à 1 700 000 €, réalisant un "bénéfice" de  221 000 € (il y a quand même 119 000 € de frais d'emprunt, de frais de structure et de frais notariés), au détriment du budget de l'organisme HLM.

On voudrait faire payer plus cher les loyers ou le logement en accession sociale à des familles sans grand revenus qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Car un prix de terrain plus élevé, c'est un coût de réalisation du logement qui augmente !

Une solution vertueuse en faveur du logement social
Une autre solution avait été mise en place lors de la précédente municipalité :La municipalité doit chaque année payer une amende de l'ordre de 190 000 €, car elle n'atteint pas le taux de logement social exigé par la loi "Solidarité et de renouvellement urbain" (25% en 2025).

Si une vente de terrain est effectuée en dessous du prix du marché (on parle de moins-value de cession) à un bailleur social, une société HLM, la différence peut être déduite de cette amende pendant trois ans. Une vente au prix de 1 479 000 € (prix incluant les fais de portage) aurait permis de déduire les 221 000 € des amendes dues au titre de la loi SRU, sur deux ans.

Cette solution permettait de réduire le coût de l'achat du terrain par la société HLM, tout en permettant de payer l'amende SRU. Alors qu'avec la solution privilégiée par la majorité municipale, la ville fait un "bénéfice", mais celui ci est absorbé par l'amende SRU !
Mme le Maire, jamais à court d'arguments, a rejeté cette proposition car rien ne prouve que la société HLM répercute la baisse sur l'achat du terrain au final sur le prix du loyer !

N'ayant pas accès aux comptes administratifs de ce type de société, il est bien sur difficile de répondre à cette objection, mais rappelons que les sociétés HLM, qu'elles soient des établissements publics ou des sociétés anonymes, sont toutes à but non lucratifIl y a sûrement plus de transparence dans les comptes de ces sociétés que chez les nombreux promoteurs privés à l’œuvre sur la commune !



samedi 6 janvier 2018

L'arbre en ville, une nécessité

L’arbre en ville est une nécessité, pas seulement pour son rôle dans la protection de la biodiversité et des paysages, mais aussi car il permet d’éviter les îlots de chaleur dus au réchauffement climatique. La protection des arbres sur notre commune n’est malheureusement pas assuré, et le bilan abattage/replantation apparaît négatif, faute notamment d’une réglementation efficace.

Nous avons été confrontés à plusieurs reprises à des abattages ou défrichement qui auraient pu être évités :
- le bois de Tachou, pour accéder à un projet de lotissement (ce projet a démarré sous la municipalité précédente, les écologistes étant alors dans la majorité ; reconnaissons que n'étant que trois élus écologistes nous n'avons pu peser suffisamment sur le groupe PS/PC pour éviter cette atteinte au bois, alors que des alternatives existaient). La nouvelle municipalité n'a ensuite rien fait pour remettre en cause le permis de construire.

- le défrichement d'une parcelle boisée en limite de Labège, le propriétaire arguant qu'il avait reçu un courrier l'enjoignant de défricher pour éviter le risque incendie. Le service préfectoral en charge de ce type de dossier a donné son aval bien rapidement, alors que le boisement de cette parcelle remontait à 30 ans.
La parcelle en 1984, non cultivée, en cours de boisement, près du lotissement de l'Orée du Bois

- l'abattage récent d'arbres, des chênes centenaires, en bordure de la rue de Lalande.


Si on prend en compte les abattages d'arbres en bordure de route, qui peuvent être justifiés par leur état sanitaire ou la gène qu'ils entraînent pour se déplacer en sécurité sur les trottoirs, on se rend compte que les replantations ne compensent pas les abattages.

Peut-on inverser cette tendance ?
Oui et de différentes façons :
- en protégeant les arbres en les inscrivant comme "espace bois classé", cette protection étant applicable même à des arbres isolés, cela vaut pour des alignement anciens de chênes qui marquent les anciennes limites de parcelles,
- en utilisant les règlements d'urbanisme, en obligeant les propriétaires à demander une autorisation d'abattage au service de l'urbanisme, avec un argument fondé.
Cela est bien inscrit :
Le Plan Local d'Urbanisme de St-Orens "définit des règles de protection des arbres et du paysage, et ce pour les différents zonages :
1.1. Les arbres de qualité et d’intérêt remarquable doivent être conservés ou remplacés par des arbres de valeur équivalente ;
1.2. Tout abattage d’arbre est soumis à autorisation et doit être justifié. Tout arbre abattu ou détérioré doit être remplacé ;"
mais cela n'est pas applicable que si ces arbres sont identifiés dans le règlement graphique, sinon aucune mesures réglementaire de protection de ne peut être imposées ! Alors qu'on inscrive ces arbres sur le "règlement graphique" du nouveau PLUiH.
- en faisant que la loi de 2015 protégeant les alignements d'arbres en bordure de voirie soit suivie d'un décret d'application. Pour l'instant cette loi, en l'état, est inapplicable !
- et en replantant : la commune dispose de nombreux espaces verts, sur lesquels on peut "compenser "certains abattages. Rappelons que la commune a acquis des terrains en vue d'en faire un parc public près de l'Orée du Bois, qu'attend on pour y planter des arbres ? Opération peu coûteuse, des bénévoles peuvent même y participer et on sait que cela sera bénéfique en terme de fixation du carbone de l'air et de paysage. 

samedi 4 novembre 2017

L'obsession des parkings

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Il est des lois qui partent d'une très bonne intention, mais mettent énormément de temps à être appliquées ! Prenons le cas de la  Loi sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, du 2 février 2005 : pour permettre aux personnes handicapées, mais aussi à celles qui sont âgées, qui ont des enfants en bas age, qui ont des poussettes de pouvoir se déplacer aisément sur les trottoirs, cette loi obligeait les municipalités a réaliser un plan de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics  ... et cela avant fin 2010 !
Accessibilité voirie - espaces publics - ERP - IOP - Moyens de transport

Faire un plan d'aménagement c'est une chose, même quand c'est avec retard, le réaliser en est une autre surtout quant il n'y a pas de date butoir dans la loi !

A St-Orens, un bureau d'études spécialisé a chiffré les aménagements nécessaires pour sécuriser les déplacements sur les axes les plus empruntés, pour faire ses courses, se rendre à un cabinet médical, rejoindre une station de bus : au total 2 millions d'€ sont nécessaires.

Nous avons demandé qu'un prévisionnel pour le financement de ces travaux soit établi, mais à ce jour nous n'avons pas eu de réponse de la majorité municipale ! 

Nous pensons que cette action doit faire partie des priorités d'investissement, car elle 
concerne les plus fragiles d'entre nous. Ces dépenses, vu le montant des travaux, pourraient être étalées dans le temps, par exemple sur 5 ans. Mais nous constatons que la priorité absolue donnée à l'opération "cœur de ville", sur laquelle nous nous sommes toujours interrogée, mobilise les ressources financières de la ville. 

Ce choix affecte la capacité à entretenir nos 75 km de voirie. Le budget d'entretien des rues et trottoirs est assuré par Toulouse-Métropole est de 800 000 €/an, or les 3/4 vont être prélevés pendant deux ans pour aménager principalement 200 places de parking dans le fameux "cœur de ville".

Nous avons, à de nombreuses reprises, appelé à mettre en place des zones bleues, près des zones de commerce, pour éviter les voitures-ventouses, une solution bien moins onéreuse que la création de nouvelles places de stationnement.

Alors que dans toute les villes, on cherche à réduire la place omniprésente de la voiture, très souvent utilisée pour des trajets très courts de moins d'un kilomètre, pouvant être réalisés à, pied ou à vélo (le vélo à assistance électrique permet de se jouer des dénivellations de St-Orens), la majorité municipale mène une politique à contresens de l'histoire.

jeudi 4 mai 2017

Moins produire de déchets, et payer moins cher au final ?


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Oui, c'est possible, il suffit d'aller voir du côté du Sicoval, où la redevance incitative a été mise en place depuis un an.
Dans notre zone de Toulouse Métropole, un habitant produit en moyenne 256 kg d'ordures ménagères résiduelles (le contenu de la poubelle grise). Rappelons que lors de la création de la Métropole, St-Orens a basculé du système de la redevance (on payait en fonction du nombre de personnes dans un foyer, et donc grosso modo en fonction de la quantité de déchets produits) à la Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), fonction uniquement de la valeur locative de votre logement.

Le Sicoval, la communauté de communes du Sud-Est toulousain, a continué à appliquer la redevance et décidé de passer à la redevance incitative le 1er janvier 2016, pour inciter à mieux recycler. En effet la facturation est fonction du nombre de ramassages de poubelles grises. Moins vous produisez de déchets à, incinérer, moins vous sortez ces poubelles et moins vous payez.
Ainsi en 2016 sur le Sicoval, un habitant a produit en moyenne 171 kg d'ordures ménagères résiduelles (OMR), soit 22 kg de moins qu'en 2015. 70% des habitants ont ainsi vu leur facture baisser par rapport à 2015. Chaque foyer paie une part fixe et une partie variable fonction du nombre de levées de sa poubelle grise (chaque poubelle est équipée d'une puce RFID pour l'identification).

Sur notre secteur de l'agglomération toulousaine, géré par Toulouse Métropole, un habitant produit en moyenne 253 kg d'OMR ! Et on paie en conséquence !

La Métropole a des années de retard par rapport à la politique menée sur le Sicoval, en terme de gestion des coûts, en terme de recyclage et de bonnes pratiques environnementales :
- la collecte du verre est beaucoup plus coûteuse en porte à porte qu'aux points d'apport volontaire : le Sicoval a multiplié les Récup'verre et supprimé la collecte en porte à porte (190 000 € d'économisé),
- la fréquence de ramassage des poubelles a été réduite sur le Sicoval : coût moindre et incitation à mieux trier et à composter (en effet, pourquoi incinérer des épluchures composées d'eau à 80% ?).
- pour les déchets verts, le Sicoval propose un service de broyage à domicile, les habitants peuvent récupérer le broyat qui permet de faire des paillis et d'économiser l'arrosage l'été.

Mais que n'a-t-on entendu, genre discussion café du commerce, sur les "risques" de passage à la redevance incitative : les gens vont mettre leurs déchets dans la poubelle du voisin, les gens vont les déposer dans d'autres communes, les gens vont les brûler dans leur cheminée ...
Les retours d'expériences des collectivités qui ont mis en place la redevance incitative montrent que ces actes d'incivismes sont très marginaux (le Sicoval peut proposer des poubelles verrouillables si besoin était, de toute façon on ne sort sa poubelle que quand elle est pleine !).
Mais les conservatismes sont là, alors que nous devons encourager au maximum le recyclage, la réparation et la réutilisation.

Alors, élus de la majorité de Toulouse Métropole, qu'attendez vous pour vous bouger et prendre exemple sur des expériences positives et efficaces comme sur le Sicoval :







vendredi 3 mars 2017

Mieux se déplacer à St-Orens et dans l'agglomération toulousaine ...


Peut-on espérer se déplacer plus facilement dans les 10 ans à venir ? 

Plusieurs plans d'action préparent notre futur :
Le Plan Mobilités 2020-2030, ou Plan de Déplacement Urbain, pour l'agglomération toulousaine est en cours d'élaboration. Ce plan a pour bût de réviser le PDU antérieur, afin d'intégrer le projet phare de la 3e ligne de métro du maire de Toulouse, un projet très coûteux, au détriment d'autres investissements initialement prévus.

A la demande des élus écologistes, la Commission Nationale du Débat Public a été saisie, afin de permettre à l'ensemble des acteurs économiques, associatifs, sociaux, environnementaux de donner leur avis sur ce projet de nouvelle ligne de métro et sur des alternatives à cette proposition. Le débat public s'est déroulé de septembre à décembre 2016, avec de nombreuses réunions, enquêtes et publication d'argumentaires. Le compte rendu de la Commission a été publié le 16 février 2017. L'ensemble des débats et questions est disponible sur : https://metroligne3toulouse.debatpublic.fr/

Les écologistes ont participé activement à ce débat et ont produit deux cahiers d'acteurs :
Le premier fait part des réserves sur le projet actuel de 3ème ligneDans le deuxième, les élus écologistes présentent un contre projet, moins coûteux et permettant un meilleur maillage du territoire.

Mais on peut s'interroger sur la volonté des instances dirigeantes du SMTC (syndicat mixte des transports en commun, réunissant 115 communes de la grande agglomération toulousaine), qui a lancé la révision du PDU, de prendre en compte les propositions, remarques émises lors du débat public. En effet le SMTC a demandé aux communes membres du syndicat de valider à la va vite ce Plan de mobilités, avant même que la Commission Nationale du Débat Public ne rende son rapport ! Belle idée de la démocratie de la droite toulousaine !

Le Plan Local de Déplacement Urbain
Ce document ne concerne lui que le territoire de St-Orens. Initié en 2002, ce document avait pour but de mettre en oeuvre des solutions alternatives pour diminuer le recours à la voiture et les nuisances qu'elle entraîne, pollution, bouchons, ... . Plusieurs actions avaient été engagées : mise en cohérence des limitations de vitesse, mise progressive en zone trente des quartiers résidentiels, études de zones bleues, pour gérer le stationnement.

Ce plan a été réactivé en 2016, car "13 ans ont passé, il faut l’harmoniser avec le projet Cœur de Ville et d’autres projets d’urbanisation à venir", dixit la nouvelle équipe municipale.
Le bureau d'études Indiggo a été chargé de faire un diagnostic réactualisé et de lancer une concertation sur les déplacements.

La restitution de l'étude et le plan d'actions ont été présentés le 1er février, devant un assistance clairsemée. Remarquons tout d'abord que l'équipe municipale actuelle a une position particulièrement ambigue, si ce n'est pour affirmer des poncifs : "La voiture ne s'oppose pas aux transports en commun, ni le vélo à la voiture ou le piéton à la voiture. Chaque mode de déplacement est complémentaire" !
Pour notre part, soyons clairs, nous défendons le développement des transports en commun performants, surtout en première et deuxième couronne, condition sine qua non pour éviter la saturation du réseau routier aux heures de pointe et réduire la pollution atmosphérique.

5 objectifs ont été définis : fluidifier la circulation automobile, favoriser l'attractivité des transports en commun, améliorer la qualité de la vie, initier et développer une culture du vélo et de la marche, organiser le stationnement.

Pour "fluidifer" le flux de voitures et apaiser le "cœur de ville", on voit ressortir un ancien serpent de mer, la déviation Nord  de St-Orens ! Pour éviter la traversée de St-Orens par la RD2, on renverrait les voitures sur la route de Lauzerville, la RD54 qui passe devant Catala.

Rappelons que le projet de déviation Sud est au point mort, même si une proposition nouvelle a été faite par le maire de Labège, qui propose de réserver la circulation sur cette nouvelle voie aux bus et véhicules propres (électriques), quand le métro arrivera à La Cadène. Une partie des terrains pour cette nouvelle voie ont été acquis par le Conseil Départemental, mais suite à des transferts de compétences, c'est Toulouse Métropole qui devrait réaliser la plus grande partie de la voirie.

Concernant la déviation Nord, ce projet, longtemps inscrit en pointillé sur les documents d'urbanisme, a été supprimée lors de la dernière révision du plan d'urbanisme. En effet la création de voies de contournement comme dans les années 60 n'est plus dans l'air du temps à cause de la consommation de terres agricoles et de l'étalement urbain qu'elle engendre. L'AASET, qui s'était opposée à la déviation sud en menant une guérilla juridique, propose cette solution. "pas chez nous, chez les autres !", c'est trop facile !

Comme vous, nous préférerions ne pas voir circuler autant de voitures ou de camions, en centre ville. Rappelons que l'origine du trafic représente à l'entrée de St-Orens un tiers de celui en sortie sur la RD2. Les maux ne vienne pas uniquement des véhicules en transit.

Tous les projets de transports en communs performants ont été dans notre secteurs soit tués dans l’œuf, soit retardés (tramway ou BHNS sur l'axe RD2, prolongement de la ligne B). Le prolongement de la ligne de bus Lineo 7 jusqu'au lycée n'est pas annoncée avant 2022. Si on veut appeler à changer nos pratiques, commençons par ce type d'aménagement.

Pour le trafic de transit, ne restons pas cantonnés à des solutions intramuros, nous pensons que le rabattement d'une grande partie de ce trafic, notamment camion, en provenance de Revel, peut être rabattu vers la RD 916, qui doit être prolongée par le Conseil Départemental. Mais ne rêvons pas, la ville-rue de St-Orens, de par sa topographie et son réseau de voies existantes, pourra difficilement être transformée en bastide. Au lieu de tout concentrer les moyens sur un "coeur de ville" qui n'a jamais existé, facilitons les accès à pied ou à vélo vers les différents lieux de vie de la commune.